Tout être humain a droit à un travail décent qui lui procure une
rémunération suffisante à même de lui permettre de subvenir à ses
besoins et à ceux de sa famille. Or, ce droit n’est pas le mieux
partagé au monde et plus particulièrement dans les pays africains,
noyés dans le gouffre de la crise économique et financière qui vient de
frapper le monde. Mais cette crise ne peut être résolue sans une
reprise de l’emploi. Et Juan Somavia, directeur général du Bureau
international du travail (BIT), affirme que "tant qu’il n’y aura pas de
reprise durable de l’emploi, il n’y aura pas de sortie de crise." Et
comment atteindre cette reprise durable ? La réponse est donnée par le
thème du premier colloque africain sur le travail décent : "Surmonter
la crise : la mise en oeuvre du Pacte mondial pour l’emploi en
Afrique." En d’autres termes, le Pacte mondial pour l’emploi en
Afrique, adopté le 10 juin 2009 à Genève à la 98e conférence
internationale de l’OIT (Organisation internationale du travail),
constitue l’arme maîtresse pour lutter contre la crise en Afrique.
Ce Pacte vise à mettre en oeuvre des projets destinés à soutenir les
petites et moyennes entreprises, à promouvoir les investissements dans
les secteurs à forte intensité d’emploi, à renforcer les systèmes de
protection sociale et à consolider les compétences des travailleurs.
L’arme existe donc, reste seulement à l’utiliser contre la bête
dangereuse. De Rabiatou Diallo, représentante des partenaires sociaux,
à Robert Kelly, ministre camerounais du travail, en passant par Cheick
Sidi Diarra, conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU et le
président du parlement panafricain, Moussa Idriss N’Dele, intervenant à
la tribune, tous ont réaffirmé la nécessité de la mise en oeuvre de ce
Pacte. Juan Somavia, président du BIT, qui a été, avec son équipe, à la
genèse de ce Pacte, a affirmé à son tour que l’application de cet
instrument allait permettre à l’Afrique de sortir collectivement de
cette crise. A condition, ajoute-t-il, que l’engagement politique
prévale à cette application. Le président togolais, Faure Gnassingbé, a
insisté sur cet effort de volonté politique que doivent fournir les
dirigeants africains afin que les conclusions de ce colloque ne restent
pas lettres mortes.
Le président sénégalais, Me Abdoulaye Wade, lui, a attiré l’attention
des participants sur le taux de croissance des pays africains qui tend
vers la hausse mais sans que les "activités génératrices d’emplois" ne
suivent ce rythme. Après avoir insisté sur la nécessité d’investir dans
l’éducation et la formation, le président sénégalais a cédé sa place à
celui burkinabè. Blaise Compaoré a alors ouvert le colloque en
indiquant qu’il importe "d’oeuvrer pour un développement capable de
générer davantage d’emplois et d’entreprises durables, respectueux des
droits des travailleurs, de l’égalité entre hommes et femmes et
protégeant les personnes défavorisées."
Source Le Pays